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Une
fois libérée elle se laisse ajuster par ces mains maternelles savantes de
ces choses nécessaires aux enfants.
La jeune femme cherche à
en savoir davantage sur elle tout en déplorant, sans l’audace de le dire,
le trop frêle petit corps qu’engonce le duvet du blouson miniature lui
servant de vêture par-dessus sa chemise à l’odeur de misère.
Elle n’apprendra rien de
cette fillette osant lui demander son aide lorsqu’elle est nécessaire.
Cependant l’enfant est consciente qu’elle doit se montrer reconnaissante ;
elle lui donne un baiser qu’elle reçoit tel un signal d’alarme intraduisible
encore car ce serait risquer d’aggraver une détresse que veut surtout cacher
la petite qu’elle serre dans le tour de ses bras.
Sorties de leur cachette
l’enfant fille se faufile et retrouve son père l’accueillant d’un sourire.
Elle reprend sa place et les histoires sans fin qui arrêtent le temps pour
entendre les secrets qui surgissent des livres feuilletés avec lui.
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Lorsque l’heure se fait
proche du temps de fermeture, le père et son enfant retrouvent dans la rue
la violence des enseignes les transposant, anonymes, dans la foule pressée,
indifférente à eux, à leurs rêves crochés aux abords des brillances que
racontent les livres.
Ils se retrouvent assis
dans la grande brasserie pour entendre des rêves d’autres sonorités,
d’autres couleurs, aussi. Le brouhaha ménage un cocon protecteur dans cet
angle choisi où la vitre leur offre le spectacle de la rue tel un livre
d’images.
Va et vient incessant de
piétons empressés à rattraper des rêves qui 's’encrochent' ailleurs que là
où ils se trouvent. La rue n’est pas un lieu mais un fleuve où s’écoulent
les lumières des voitures, aveuglantes dans un sens et sanguines dans
l’autre, grondantes d’impatiences, rageuses lorsque le feu leur offre le
champ libre pour se désengager de ce miroitement fantastique et bruyant... N’empêche.
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