EDITORIAL 


Patiente marche vers l’éveil…

« Homme, éveille-toi : pour toi, Dieu s’est fait homme. Réveille-toi, ô toi qui dors… »

Dans un vibrant sermon de Noël, Saint Augustin invite son auditoire à sortir du sommeil. La vie chrétienne, en effet, est une longue et patiente marche vers l’éveil. C’est de nuit que l’enfant de la Promesse offre son premier souffle à l’humanité. C’est au cours d’une mauvaise « nuit » de plein jour que, sur la croix, le Christ aux outrages rend son dernier souffle.
Entre l’aube de la nativité et l’aurore du matin Pâques, une vie est à mener sur des sentiers de clair-obscur.
L’Avent qui s’offre à nous est ce temps béni où il nous faut mettre au monde - souvent malgré le monde - , une toute petite minute d’espérance. Car c’est la nuit qu’il est bel et bon de croire à la lumière.

Quelques éblouissements peut-être, une bonne brassée de doute sûrement, et un patient dialogue, sans cesse à reprendre, avec l’Eternel : voici l’humaine traversée spirituelle qui s’offre à tant et tant de chercheurs de Dieu.
 
L’Avent a le tranchant du ciseau à bois qui vient nous creuser l’âme pour en faire un berceau.
L’Avent donne soudain à l’attente ce doux goût de miel de la naissance annoncée.
Voici l’Avent qui vient, sans crier gare, bousculer notre temps, secouer nos torpeurs, tenter, vaille que vaille, de nous remettre en marche sous l’éclat d’une étoile.
Voici que déjà se profile la grande nuit de Noël, « l’immense nuit des origines » où Dieu, descendu de son ciel, vient, à raz de terre, dans une mauvaise étable, prendre chair et respirer du souffle d’un nourrisson fragile.

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