ARCHIVES - EPITRE AUX VIVANTS


711 - Le soir venu...2ème dimanche de Pâques

« Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. »
Le premier jour de la semaine, c’est dimanche ! La communauté des disciples est réunie, c’est dimanche, et Jésus vient à eux.
C’est comme pour nous le dimanche Jésus se rend présent pendant la célébration de l’eucharistie.
 Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
    Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Thomas ne veut pas croire sans avoir touché !
 Et nous somme nous prêt à croire sans avoir vu, touché, senti, gouté, entendu ? Aujourd’hui, dans notre société occidentale cartésienne, on a besoin de preuves, de concret. Tout ce qui n’est pas visible est suspect. Ce qui n’est pas perceptible par au moins l’un de nos 5 sens ne peut être pris au sérieux.
Aujourd’hui nous sommes invités à élire un Président et les commentateurs nous disent que nous n’avons jamais été aussi indécis ! Nous doutons comme Thomas !
Aurions-nous aimé que les candidats aient déjà une expérience de président pour faire plus facilement notre choix ? A l’image des recruteurs qui demandent une expérience avant toutes embauches.
Après la lecture des professions de foi des candidats, qui croire et en qui mettre notre confiance ?
Le mot « foi » a la même racine que les mots confiance, fiancé. Croire, c’est faire confiance. Des fiancés se promettent l’un à l’autre dans la confiance.
On confond croire et comprendre. Personne ne comprend la résurrection. Pourtant beaucoup y croient, et parmi eux, bon nombre de scientifiques, de philosophes, de gens très intelligents, mais aussi des personnes sans instruction. Parce que croire ne nécessite pas de comprendre, ni de voir, d’avoir des preuves matérielles. St Paul, dans la seconde lecture, nous parlait de Jésus en ces termes : « lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore ». Du reste, qu’ai-je besoin de croire, si je vois ? cet objet devant moi, je le vois. Je n’ai pas besoin d’y croire, puisque je le vois, et nous le voyons tous. Non seulement voir n’aide pas à croire, mais il en dispense. Nous croyons non pas parce que nous avons vu, mais parce que nous faisons confiance à ceux qui nous l’ont dit. Ainsi en est-il de tous les croyants du monde et de tous les temps. Aucun d’eux n’a jamais vu Jésus, mais tous fondent leur foi sur ce que d’autres leur ont dit. Ces Chrétiens des premiers jours dont nous parlait la première lecture, on nous dit qu’ils « étaient fidèles à écouter l’enseignement des apôtres. » On le voit, la foi se base d’abord sur la confiance en une parole, écoutée fidèlement dans une pratique régulière. Or, nous le savons bien, la pratique religieuse dans notre pays aujourd’hui est en baisse.
Dimanche après avoir été envoyé dans la paix du Christ, comment rendre crédible cette rencontre avec le Seigneur à tous les « Thomas » qui sont nos frères, nos jumeaux.

 Ref : - N° Epitre : - Jour de la fête :

Evangile


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 20, 19-31)

C’était après la mort de Jésus.
        Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
    Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
    Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
    Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
    À qui vous remettrez ses péchés,
ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés,
ils seront maintenus. »

    Or, l’un des Douze, Thomas,
appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
    Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

    Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d’eux.
Il dit :
 « La paix soit avec vous ! »
    Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
    Alors Thomas lui dit :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
    Jésus lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

    Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
    Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

 

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710 - Au carrefour de la foi chrétienne Pâques (Vigile)

Homélie de la Vigile pascale
 
D’abord que nos regards aillent vers la composition qui s’est construite, pas à pas, au fil de la semaine !
Elle a 6 jalons transparents laissant percevoir l’épaisseur de chacun des jours de la semaine sainte !
 
En fait, tout a commencé avec le jalon gris des cendres de carême : sur ce fond gris, toutes les couleurs ne seront que mieux mises en valeur ! A Pâque il nous revient d’être co-artistes des couleurs de Dieu !  
 
Mercredi saint nous avons rajouté le jalon couleur violine foncée et claire, vraie lumière profonde du pardon accordé par notre Dieu ! Je voudrais aussi que l’on dépose près des jalons le Saint Chrême, consacré par l’évêque à la messe chrismale, mardi : Huile Sainte qui servira notamment pour les baptêmes; elle nous fut offerte mercredi !
                                                                                                                                                                                                                                                                                                               
Jeudi à la Cène du Seigneur nous avons eu la prétention de glisser le blé dans un autre jalon ! Mille grains feront le Pain pour la route et pour la Vie !
 
Vendredi la rondeur du bâton transparent a reçu la rudesse aigüe des clous de la croix et les baies rouges comme autant de gouttes de sang, elles disent la mort lorsqu’elles s’écoulent à l’extérieur mais elles disent la vie lorsqu’elles coulent en intérieur !
 
Ce soir nous hésitons entre le sable blanc du chemin à l’aube de la Résurrection et le sel de la terre mais nous avons opté pour la lumière de Pâques, un trait de lumière qui renvoie notre regard vers le cierge pascal.
Nous voulons par le baptême être en chemin d’évangile et devenir sel & lumière pour ceux qui comptent pour nous !   
 
Car ce jour nous sommes dans la lumière la résurrection : ils sont finis les jours et les piétinements de la passion, nous allons pourvoir suivre maintenant les pas du Ressuscité !
 
Nous voilà, au carrefour de la foi chrétienne : « La Résurrection !»
« Un mot déroutant et dérangeant, un concept difficile à escalader, impossible à dominer… » 
Pour nous ce soir la Résurrection est tremblement de terre, provoqué par une énorme pierre roulée sur laquelle presque avec humour, mais définitivement, un ange s’installe : ouvert le tombeau : l’homme est jeté sur le chemin !
je repense à cet autre ange à l’épée flamboyante qui lui tenait fermé définitivement le jardin d’Eden quand l’homme fut jeté sur le chemin !
 
Que s’est-il donc passé à partir de ce matin de la Résurrection....
·         pour que les disciples soient victimes, non pas de ‘mort subite’ mais de ‘vie subite’ ?
·         pour que nous soyons ici, ce soir dans la mouvance de cette même foi née il y a plus de 2000ans ?
 
Que de perplexité :
on n’admet la résurrection qu’en recevant pour vrai le témoignage des femmes au tombeau et des Apôtres !
Or nous avons sacrément de mal à faire confiance à l’autre et à la prédication de l’Église !
 
Deux verbes interchangeables de l’expérience quotidienne sont utilisés pour parler de la résurrection :
En Grec « anistèmi » ( anastasis) : « action de se relever » & Egeïrô "réveillé" éveiller du sommeil
La résurrection consistant à mettre ces deux verbes dans l’ordre : s’éveiller et marcher, le contraire est risqué, pourtant nous marchons souvent sans nous laisser éveiller à la Vie de Dieu !
 
Deux verbes, deux actions qui marquent une continuité !
Jésus a été donné à la terre, s'est couché sur cette terre, est descendu sous terre au séjour des morts
Et il a été éveillé et relevé pour retourner au Père et nous avec Lui !
 
Deux verbes, deux actions qui marquent aussi une rupture !
Ils ne disent pas un simple retour à la vie antérieure, comme si au lever chaque matin j’allais vivre comme hier !
St Paul est éloquent : "Le Christ, une fois qu'il s'est réveillé d'entre les morts, ne meurt plus..." (Romains 6, 9).
Nous voilà réveillés et relevés pour une vie nouvelle est éternelle.  

La Résurrection vient confirmer,
+ les revendications de Jésus passionné de la vie des hommes et des femmes de sont temps,
+ son étroite proximité avec son Père !
+ l’établissement d’un Royaume né sur la montagne par de retentissants « Bienheureux » qui vont droit au cœurs des pauvres, des doux, des purs, de ceux qui pleurent, des affamés, des pacifiques.
La Résurrection vient affirmer,
+ que Jésus comme Dieu, pardonne, guérit, prends soin ; comme Dieu : il aime !
+ que Jésus lie la réussite de ce Royaume, ni à une organisation particulière ou partisane, ni a des rites, mais seulement à la force d’aimer !
Quel sublime programme sur les pas du Ressuscité ! Bonne fête de Pâques !

 Ref : - N° Epitre : - Jour de la fête :

Evangile


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 28, 1-10)
Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre.     Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus.
Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige. Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts. L’ange prit la parole et dit aux femmes: « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.
    Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit.
Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : ‘Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.’
Voilà ce que j’avais à vous dire. »
Vite, elles quittèrent le tombeau,
remplies à la fois de crainte et d’une grande joie,
et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit :
« Je vous salue. » Elles s’approchèrent,
lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui.
Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte,
allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

– Acclamons la Parole de Dieu.
¯¯Alléluia, Alléluia Jésus est vivant, Alléluia, Alléluia Jésus est vivant,

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709 - « Vraiment il est le fils de Dieu ! »Dimanche Rameaux - Passion

Le rideau du temple se déchira du haut jusqu’en bas !
Jésus est mort tout est accompli.
Cela faisait déjà des heures que Jésus ne parlait plus…
Il avait tout dit.
De toute façon plus personne ne l’écoutait à l’heure du procès.

plus personne ne l’écoutait 
plus personne ne l’écoutait 

Il y eut juste à la fin un dernier cri
Jeté avec les ultimes forces
qui animaient son corps de prière !

Il expira : un cri qui s’éteint
un souffle léger, imperceptible !

Alors le rideau du temple se déchira du haut jusqu’en bas !

Le rideau se déchire,
tout n’est donc pas fini !
Tout ne fait que commencer quand le rideau s’ouvre !

Cet ultime souffle a été recueilli
par l’ultime témoin au pied de la croix.

Un Romain, un soldat, l’adversaire, l’occupant, le païen…

Pas un disciple n’était là pour recueillir ce dernier souffle
alors fallait bien que quelqu’un le fasse

Et puis dans la mort il n’y a plus
ni ennemi, ni adversaire, ni païen…

Il y a l’ être qui accompli sa route
Et celui qui reste pour recueillir un dernier souffle !

Cet ultime souffle, cet imperceptible souffle
Commence son travail… en ce centurion romain
Qui se surprend à dire des mots jamais prononcés :

«Vraiment cet homme est le fils de Dieu!»

C’est le chuchotement de la foi naissante
de la foi renaissante parfois

je murmure ce qui est indicible, incroyable, invraisemblable !
« Il est ressuscité… » 
C’est ce que nous faisons lorsqu’en communauté nous nous retrouvons…
Pour dire ensemble : « Vraiment il est le fils de Dieu ! »

 Ref : - N° Epitre : - Jour de la fête :

Evangile


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