ARCHIVES - EPITRE AUX VIVANTS


733 - Fracture pour fracture...24e dim. temps de l'Eglise

Fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent ?

« Tel dommage que l’on inflige à un homme, tel celui que l’on subit. » Vous reconnaissez la loi du Talion, souvent ressentie comme une mauvaise morale qui ne tient pas la route devant la loi d’amour qui est celle du Pardon ! Pourtant dans la bible la loi du Talion était déjà progrès significatif puisqu’elle interdisait l’escalade des représailles : œil pour œil, dent pour dent !
 
On trouve les premières traces de la loi du Talion dans le Code d'Hammourabi, en 1730 avant Jésus-Christ, dans le royaume de Babylone.
La loi du Talion indique la nécessité d'une équivalence compensatrice dans le châtiment. Mais rapidement divers passages de l'Ancien Testament prônent une morale de dépassement, quand la réconciliation est possible : « Tu ne te vengeras pas, ni ne garderas rancune » (Lévitique 19,18). "Ne dis pas : Comme il m’a traité, je le traiterai, je rends à chacun selon ses œuvres. " (Proverbes 24,29). À l’orée du Nouveau Testament, le livre de Ben Sirac nous dit avec force :
 
« Rancune et colère, voilà des choses abominables où le pécheur est passé maître. »
 (Si 27, 30 – 28, 7)
 
Jésus entame une prédication sur le pardon, rappelée dans l’Evangile de ce dimanche. On ne peut demander à Dieu miséricorde que si l’on est soi-même miséricordieux. Jésus dans le Nouveau Testament reprend et valorise cette attitude : « Vous avez appris qu'il a été dit : œil pour œil et dent pour dent. Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre. A qui veut te mener devant le juge pour prendre ta tunique, laisse aussi ton manteau. Si quelqu'un te force à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. A qui te demande, donne; à qui veut t'emprunter, ne tourne pas le dos.» Matthieu 5,38-42
 
On demandait à F. de Sales, comme souvent on interroge un chrétien pour le mettre dans l’embarras : « Si l’on vous frappe que faites-vous ? »

Sa réponse est riche : « Je sais bien ce que je devrais faire mais je ne sais pas ce que je ferais ! » La manière de tendre l’autre joue pour répondre à une offense peut sembler remettre un déséquilibre dans ce que la loi du Talion avait établi une juste proportion égalité entre l’offense et la riposte ! Comment ne pas envisager une justice qui règle les rapports avec autrui selon quatre critères : la coopération - la réciprocité - le pardon - la mémoire !

 Ref : - N° Epitre : - Jour de la fête :

Evangile


dimanche 17 septembre 2017 24ème dimanche du Temps Ordinaire

Rancune et colère, voilà des choses abominables où le pécheur est passé maître. Celui qui se venge éprouvera la vengeance du Seigneur ; celui-ci tiendra un compte rigoureux de ses péchés. Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ; alors, à ta prière, tes péchés seront remis. Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il demander à Dieu la guérison ? S’il n’a pas de pitié pour un homme, son semblable, comment peut-il supplier pour ses péchés à lui ? Lui qui est un pauvre mortel, il garde rancune ; qui donc lui pardonnera ses péchés ? Pense à ton sort final et renonce à toute haine, pense à ton déclin et à ta mort, et demeure fidèle aux commandements. Pense aux commandements et ne garde pas de rancune envers le prochain, pense à l’Alliance du Très-Haut et sois indulgent pour qui ne sait pas. – Parole du Seigneur.


Évangile (Mt 18, 21-35)

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : ‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.’ Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : ‘Rembourse ta dette !’ Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : ‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai.’ Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : ‘Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’ Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » – Acclamons la Parole de Dieu.

Fracture pour fracture... Page Précédente

732 - Tout a été fait ? Rien n’y fait ! Ah bon....23e dim. temps de l'Eglise

« Si ton frère a commis un péché, … rupture, non-écoute, refus... un mal qui crible le monde,
l’Evangile nous emmène en un chemin laborieux et patient de réconciliation.
L’Eglise se doit de « faire route avec l’humanité » en mal d’unité. (Gaudium et spes 40)
 
Pour l’Espérance l’Evangile nous propose un «chemin» marqué d’étapes et de patience :
 
+ D’abord faut-il avoir un élan pour ‘aller vers le frère’ lui parler seul à seul.
Pour se réconcilier il faut être un (solide) : entier et volontaire !
 
+ Se réalise alors le tête-à-tête avec le frère en rupture.
Pour se réconcilier il faut être deux : d’abord accepter de faire ensemble un petit tour sur le chemin !
 
+ Ce chemin de réconciliation, peut-être plus long que souhaité, il y a alors un patient appel à témoin.
Pour se réconcilier il faut être trois le troisième est médiateur, facilitateur…  un catalyseur.
 
+ Peut-être encore cela sera insuffisant : il faudra alors s’en remettre à l’assemblée générale des frères et sœurs !
Pour se réconcilier il faut être Eglise réunie au nom du Père de Miséricorde !
Et si cela ne fonctionnait pas encore alors considère ton frère comme un publicain et un païen !
 
Ah bon ! Tout a été fait ? Rien n’y fait ! Alors il faut laisser tomber ? Classer dans le dossier des irréconciliables ?
Il ne s’agit pas d’une procédure administrative... dont on aurait épuisé tous les recours !
Il s’agit en fait de considérer son frère comme Jésus a toujours considéré les pécheurs, les collecteurs d’impôts, les étrangers, tout en amour et humanité !
C’est un chemin de conversion qui s’ouvre et non une voie sans issue !
 
Le chemin est varié, le chemin est patience, le chemin est aventure ouvrant bien des possibles !
 
Oui, martèle l’évangéliste, quand 2 ou 3 sont réunis en mon nom, ‘je suis’ au milieu d’eux.
Voilà la vivante Eglise.
C’est simple … 2,3 réunis au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit… sans structures lourdes, définitives, sans ordination ni protocole :
juste un chemin pour marcher les uns vers les autres et la halte en la maison au bord du chemin.
L’Eglise sans églises est possible ! 
 
La vie religieuse n’est pas réservée à des spécialistes (prêtres, évêques, super laïcs..)
ni capitalisée en des lieux officiels: cathédrales et églises, Vatican, Cures !
La petite chapelle au bord du chemin est aussi cet espace qui permet de dire
‘’Quand 2 ou 3 sont réunis au nom de Jésus Christ il est au milieu d’eux !’
La maison, chez soi, est encore cet espace qui permet de dire
‘’Quand 2 ou 3 sont réunis au nom de Jésus Christ il est au milieu d’eux !’
 
Ne cessons pas d’être homme pour devenir chrétien !
Sachons répondre aux exigences de solidarité fraternelles.
Parce que Dieu s’est incarné, rien n’est profane : tout est sacré.
Vincent de Paul nous dit ‘quitter l’oraison pour le service, c’est quitter Dieu pour Dieu,’
 
Quitter l’Église pour le Monde, c’est continuer de rester immergé en Dieu.
 
L’évangile du bord du Chemin et de la maisonnée est simple,
à partir du moment où deux ou trois sont rassemblés au nom de Jésus Christ !
Il faudra que nous en reparlions !

 Ref : - N° Epitre : - Jour de la fête :

Evangile


Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 18, 15-20)


Jésus disait à ses disciples :
« Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute.
S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère.

S'il ne t'écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que toute l'affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins.

S'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l'Église ;
 s'il refuse encore d'écouter l'Église, considère-le comme un païen et un publicain.
Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.
Encore une fois, je vous le dis : si deux d'entre vous sur la terre se mettent d'accord pour demander quelque chose, ils l'obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux. »

Tout a été fait ? Rien n’y fait ! Ah bon.... Page Précédente

731 - ... en trois actes !22e dim. temps de l'Eglise

L’évangile de ce jour est en 3 actes !
Acte 1 L’annonce du chemin de Jésus vers Jérusalem, mort et résurrection Plénitude de vie avec le Père !
Acte 2 Pierre n’a pas l’intention d’aller à Jérusalem pour mourir !
Acte 3 : Y aller quand même à Jérusalem
 
Permettez que nous regardions d’abord l’acte 2 !
Notre mémoire est encore toute fraiche dimanche dernier nous admirions Pierre dans sa célèbre Profession de  foi  qui reconnaît Jésus comme le Christ, le Fils du Dieu vivant ! Mt 16 , 13-20
Alors il reçoit de la part de Jésus ce compliment : « Heureux es-tu Simon fils de Jonas ... » et se voit confier une immense et belle tâche !
 
Et voici que quelques pas plus loin, Pierre, le premier à avoir confessé Jésus comme le Christ devant les autres disciples, se voit traité de Satan par le Christ lui-même : quel revirement inattendu et soudain !
 
Traité Pierre de satan, c’est l’accusation suprême que l’on puisse faire à un disciple !
Aucun autre disciple, pas même à Judas... n’est traité de satan !
Ne me dites pas que c’est parce qu’on châtie bien ceux que l’on aime !
Pour Pierre tout part d’un bon sentiment « Dieu t’en garde, Seigneur d’aller souffrir et mourir à Jérusalem ! »
 
Alors que se passe-t-il ?  Il nous faut pas se faire piéger par le mot satan !
Nous avons la tête pleine d’images hautement suggestives et colorées sur satan.. Que nous écrivons volontiers avec un S majuscule tellement nous en avons fait une personne !
Dans la bible le mot satan n’est jamais un nom propre, un nom de personne, mais un nom commun :
satan, c’est l’adversaire... ici c’est Pierre qui se met en travers de la route de Jésus l’empêchant d’accomplit son chemin vers Jérusalem ! C’est cela qui vaut le « « Passe derrière moi, Satan ! »
 
Alors il nous faut remonter à l’acte 1 pour mieux comprendre ce que jésus annonce et ce que Pierre comprend !
Jésus annonce sa montée à Jérusalem, pour souffrir et mourir :voilà ce que Pierre entend, l’insupportable, l’inadmissible ! Ces choses de la vie qui nous rendent sourds et aveugles !

C’est souvent ce qui se passe dans nos vies quand le douloureux occulte le merveilleux !
Pierre n’entend pas dans son écoute sélective tout ce que dit Jésus, il n’entend pas que Jésus annonce sa montée à Jérusalem, pour souffrir et mourir... mais aussi pour ressusciter !
Et cela contredit radicalement le sens de la montée de Jésus vers le Mont Calvaire
qui n’est pas la capitale de la souffrance mais le lieu ineffable de l’Amour du Père et du Fils qui détruit satan, toute adversité, toute mort pour la vie éternelle !
Nous sommes menacés du même syndrome de Pierre : ne retenir que la forêt de croix de souffrances  alors que nous sommes invités à regarder au-delà de la forêt... qui masque l’arbre de Vie ; invités à passer du Mont Calvaire au mont des Amants !
 
Acte trois : en marche !
Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Prendre sa croix et marcher : ‘Ils chargèrent sur les épaules de Jésus une poutre pesante de la croix !’
Est-ce cela la proposition de l’évangile : rendre la vie impossible, la destiner à la mort ? 
Notre vie n’a-t-elle pas ses propres lourdeurs, excessives, qu’il faille en plus s’harnacher d’une croix ?
Croix qui finit par avoir tant de poids que son porteur ne peut même plus disposer de son propre corps, ni choisir sa voie !

La vraie croix est tracée au front du baptisé : c’est celle là qu’il nous fait prendre, pour suivre Jésus !
Une croix tracée de mains d’hommes comme délicatesse et caresse que la douceur de l’huile sainte répand en tout l’être, pour être confirmé dans l’amour d’une mère, d’un père et initié à l’Amour du Père et d’un frère: Christ !

Vivre avec Jésus c’est laisser le chemin ouvert, sans entrave ;
assumer la trajectoire qui ne supporte aucun retour en arrière !  
Il s’agit moins de parler de Dieu que de vivre avec Dieu

Seule compte la foi :  
- qui est engagement, chacun à sa manière sur les chemins des chercheurs de Dieu,
- qui est marche confiance avec Celui avec qui il fait bon chercher le bonheur !
- qui est désir de partage avec d’autre de l’expérience du chemin qui nous lie en fraternité avec le Christ !

 Ref : - N° Epitre : - Jour de la fête :

Evangile


Évangile (Mt 16, 21-27)
En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter.
Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches :
« Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. »
Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan !
Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. » – Acclamons la Parole de Dieu.

... en trois actes ! Page Précédente

  [1]    Suite  >>