ARCHIVES - EPITRE AUX VIVANTS


752 - Changer de nom, c’est changer de tête ! 2è dimanche temps de l'Eglise

Dans la tradition scoute changer de nom c’est passer par la totémisation : recevoir au cours d'une cérémonie, un nom nouveau pour une nouvelle étape; nom avec lequel le scout sera reconnu par ses pairs !
Bien qu’il ne fut pas scout, c’est ce qui est arrivé à Simon, l’Apôtre : « Tu es Simon, fils de Jean -lui dit Jésus- dorénavant tu t’appelleras Kèphas », Pierre.
Imaginez la tête des proches et de la famille de Simon ! Non seulement voilà un fils qui part à la suite d’un inconnu, mais de surcroit il perd son nom d’origine, son nom familial ! Or les prénoms sont généralement forgés au creuset familial.

Changez de nom provoque toujours un changement de tête ! Si c’est par erreur, même si vous dites aussitôt : ‘oups... excuse-moi !’ c’est un regard de surprise qui s’exprime. Si vous affublez votre vis à vis d’un sobriquet valorisant, vous avez droit à un large sourire, fier, car une qualité s’y reflète ! A contrario, ce sera un regard de colère ou de tristesse que de savoir qu’on parle de vous avec un surnom peu aimable, voir humiliant ! Attention car nous avons tellement de vivacité à cataloguer l’autre d’une manière définitive !
Nous voici donc invités à explorer et évaluer les noms avec lesquels nous habillons nos proches et les autres, pour nous s’assurer qu’ils valorisent chacun. C’est en tout cas ce que fit ce jeune garçon qui parlait de Jésus avec ce totem : ‘doudou’ ! « Parfois -disait-il- si je fais du mal à quelqu’un Jésus me pardonne. J’essaie donc d’être avec lui, un peu comme avec un doudou ! »

Dans la bible les changements de nom sont fréquents. Ainsi quand Abraham a cru aux promesses de Dieu en ce qui concerne son fils, son nom a été changé d’Abram (père élevé) en Abraham, “père d’une multitude de nations”. Simon, lui, est connu comme un homme des bords du lac de Galilée, il est pêcheur avec son frère André ! Simon en hébreux cela veut dire "désert", ou "celui qui entend" et Jésus le présentera ainsi « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » petros, en grecque, « pierre » et même « roc » en araméen ! "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église" (Matthieu 16,18-19)

Changer de prénom, c’est le signe que l’on renaît à la vie. « Cet acte symbolise un monde complètement neuf et autorise de nouveaux comportements » souligne la psychanalyse. Le changement de nom suppose que l’on devient proche, intime, de celui qui le donne. Le Seigneur semble dire à Simon : « Tu es mien ! Je te destine à une grande cause ! »

Dans ce changement de nom n’y aurait-il pas toute une puissance en promesse ? Le changement de nom, au vu et au su de tous, a pour conséquence de devoir affronter des questions, des jugements et de parfaire notre identité en devant ce que nous sommes vraiment !

Par le baptême, avec Christ nous recevons un nouveau nom et aussi un statut nouveau, pour passer de la mort à la vie. Nous recevons ce nouveau nom que porte Jésus, « Christ » c'est-à-dire  chrétien, ami de Christ ! On me nomme Thierry, Theudric, en allemand, c'est-à-dire, roi et peuple ; sans connaître Jésus Christ je serai peut-être gouverneur du peuple, (encore que je n’ai jamais songé en me rasant le matin !) Mais après avoir rencontré Christ, être devenu Chrétien, l’Evangile me pousse au dépassement et à envisager Dieu, à dénouer les tiraillements entre les plaisirs terrestres et les délices divins. Et vous alors, votre changement de nom que dit-il?

 Ref : - N° Epitre : - Jour de la fête :

Evangile


Évangile (Jn 1, 35-42)
Mettre en relief le geste des  3 petites croix sur front/bouche et cœur
« Seigneur dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse, voilà ce que j’aime :
Que ta parole me tienne au front et pénètre mon intelligence
Que ta Parole pénètre ma bouche et soit portée sur mes  lèvres
Que ta Parole pénètre  mon cœur pour que je t’Aime ! »

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples.
Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit :
« Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi). André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre. – Acclamons la Parole de Dieu. 

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751 - Dans le silence de l’arrière-paysEpiphanie

L’homme de la bible le sait, c’est souvent le langage cosmique du feu et de la lumière qui exprime les manifestations  de Dieu … L’Épiphanie comme les théophanie mêlent la parole de Dieu à celle des hommes, et garde le ciel ouvert à la terre pour que l'Alliance s'accomplisse.

C’est en l’obscurité, de la nuit que naquit Jésus, sans bruit !
C’est dans le silence de l’arrière-pays que Dieu se fit homme, petit enfant couché dans une crèche, qu’il se fait voir à tous, les plus petits et les plus pauvres tels les bergers, au plus riches et plus lointains tels les mages.

Car nul n’a rendez-vous à la ville des puissants avec les princes de ce monde, riches et influents selon leurs intérêts et plus aptes à déverser leurs bombes que faire surgir une paix juste et durable !
Chrétien il nous est impossible de rester, de repasser ou même d'accorder quelque confiance à ces Jérusalem-fortifiées!
Le rendez-vous ressource, est à "Bethléem-la-maison-du-pain" pour une humanité affamé de fraternité, de respect, de tolérance et d'Amour.

Qui sommes-nous au lendemain de Noël, en ce début d'année, au temps des bons vœux ?

-    des gens d'Hérode, des forts en texte, en vœux ?
-    des gens de savoir et de connaissance religieuse  vivant notre foi le nez dans les étoiles ?
-    des adeptes du "tout par cœur" :  prières, credo, chapelet, rubriques liturgiques, morale ?
-    des beaux parleurs sans concession, plus aptes à critiquer que créer et construire?
Et si nous devenions des gens du voyage qui acceptent de chercher et rechercher, d'oser et s'aventurer au risque de se tromper et d'être trompé, de s’engager sur les chemins d'humanité ?
Que les cadeaux des mages rappellent notre baptême :
-    Par l'or royal, participons à Jésus-Christ Roi : attentifs à l’organisation du monde !
-    Par l'encens qui s'élève vers Dieu participons au Christ grand Prêtre : attentifs à Dieu !
-    Par la myrrhe qui se rapporte à l'homme en embaumant sa dépouille mortelle participons au Christ Prophète de la Vie : attentifs à chacun de celles et ceux avec qui nous vivons !

Qui sera, ce jour, à Bethléem-maison-du-pain : l’or y est enfoui !
J’y serai, non pour des forts, en gueule, rubriques liturgiques et autres érudits ou moulins à chapelets  divers, mais simplement parce que l’humanité est affamée de fraternité, de respect, de tolérance et d'Amour.




 Ref : - N° Epitre : - Jour de la fête :

Evangile


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu(Mt 2, 1-12)
Jésus était né à Bethléem en Judée,
au temps du roi Hérode le Grand.
Or, voici que des mages venus d’Orient
arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent :
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?
Nous avons vu son étoile à l’orient
et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,
et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,
pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent :
« À Bethléem en Judée,
car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n’es certes pas le dernier
parmi les chefs-lieux de Juda,
car de toi sortira un chef,
qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret
pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :
« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant.
Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer
pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient
les précédait,
jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit
où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile,
ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison,
ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
et, tombant à ses pieds,
ils se prosternèrent devant lui.
Ils ouvrirent leurs coffrets,
et lui offrirent leurs présents :
de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode,
ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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750 - « Maintenant vous allez faire la famille !Fête de la Sainte Famille

Quarante jours après la naissance de Jésus, Marie et Joseph portèrent l’Enfant au Temple, afin de le présenter au Seigneur selon la loi de Moïse.
En 40 jours il s’en est passé des choses ! Joseph a entendu cette invitation :
" Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte."
L’arrivée de l’enfant rompt la monotonie des jours, et ici comme ailleurs, chamboule transforme l’’existence !
C'est sur ce chemin d’exode, d'exil que se fait la famille de Jésus, comme avec Abraham, Moïse et tant d’autres !
C'est sur ce chemin parfois  fracassé, marqué par les conflits que se forgent toutes  familles !

En Afrique j'ai appris joyeusement cette formule adressée aux nouveaux mariés :
« Maintenant vous allez faire la famille!"
"Faire la famille!..." détermine un combat et un mode de vie, ouvre un champ de relations fait de devoirs et de droits.

Puisse, l'enfant qui paraît, être une bénédiction !
Il est présenté au plus tôt  à son entourage pour qu’il devienne un familier :
en contact avec ceux qui seront dorénavant son univers !
Jésus est présenté au temple : mieux Jésus fait une étonnante rencontre avec le vieux Syméon !
L'enfant et l'ancien : ces deux visages nous introduisent dans cet espace complexe de la famille.
Le « vieux »  « l'ancien »  "celui qui marche devant" : le prédécesseur en connaît long des sources de la vie !

C’est une rencontre, dans l’amour, entre deux étrangers, qui va produire le couple, le foyer la famille :
lieu le moins étranger, le plus familier !
Ainsi va la famille, lieu de la «naissance» : une incontournable source de la vie,
avec ses besoins en père et mère, en stabilité, en ressources vitales, matérielles et affectives.

C'est de cet espace familier que l'enfant se confronte à l'étrangeté du monde.
C'est au sein du couple, du foyer, de la famille que nous apprenons à donner et recevoir
et ainsi que nous faisons l'expérience de la réciprocité et de l'altérité inscrites au cœur de l'humain !
C’est depuis la famille-Eglise que nous faisons l'expérience de la réciprocité et de l'altérité, en un mot de la fraternité !

Il est commun  de dire que le but du couple et à fortiori du mariage c’est la procréation !
Certains refusent l’union  homosexuelle  pour ce motif : deux personnes de même sexe ne peuvent avoir d’enfant !
Je trouve qu’envisager le couple dans  sa fonction procréatrice est  particulièrement réducteur !

Je préfère dire que le but de la procréation c’est le couple dans la force de l’union et la force de l’Amour !
Faut-il se marier aujourd’hui  pour faire des enfants ? Peut-être oui !
Mais surtout c’est pour faire de l’Amour, par les enfants : c’est ici que se loge le avant  pendant et toujours de l’amour ! 
Avant : c’est l’amour qui rapproche deux êtres,
Pendant : c’est l’amour qui unit deux êtres, dans sa réalisation affective, charnelle, sexuelle avec tout le plaisir lié.
Et après : c’est  l’amour qui dure et de déploie…à l’infini, en éternité.
J’ai déjà entendu des  enfants ou des ados exprimer  un désamour avec leurs parents dans les  reflux de la vie !
Je n’ai jamais rencontré un père ou une mère qui au fond - et malgré les vicissitudes de la vie-
aient renoncé à jamais à aimer leur enfant: car on est  fils ou fille pour la vie comme on est père et mère pour la vie !

C’est là un  lieu d’excellence de l’Amour ! C’est pour cela que j’aime la famille !
Il me semble que l’objectif primordial consiste en ce bonheur singulier mais pluriel des membres de la famille.

A Noël beaucoup de familles se sont retrouvées un moment,
parfois au prix du franchissement de grandes distances ou d’obstacles…
Nous sommes au siècle des migrations des voyages et aussi des déplacements dans notre manière vivre et de penser
-    Saurons-nous trouver dans la famille, dans la communauté  un pôle de lumière, un creuset de tolérance,
-    Saurons-nous accueillir en famille les événements pour en faire un lieu de vérité, de débat et de confiance.
 Chant cantique de Syméon par Tamié 



 Ref : - N° Epitre : - Jour de la fête :

Evangile


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc  (Lc 2, 22-40)

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse
pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem
pour le présenter au Seigneur,

Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur,
ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,
rempli de sagesse,
et la grâce de Dieu était sur lui.

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