ARCHIVES - APPEL DU GRIOT


un pas de plus !

 

Toujours inventer un pas de plus, sans arrière pensée...Mais comment choisir un jour, pour toujours ?

Le  riot a dit :

Il y a des lieux divers mais privilégiés où cette question résonne fortement...
Ce soir à l’abbaye, il y avait bien des priants différents, de tous les âges, de toutes conditions. Ce soir, c’est une chance, aucun plaisantin-voyeur ne s’agitait pour brandir à bout de bras son téléphone mué en appareil photo ! Pensez-vous, un moine qui arrive, un autre qui sonne la cloche : quels scoops, à montrer aux amis au prochain apéro !
Bref parmi tous ces visages anonymes que je pouvais plus imaginer que voir, la présence d’un enfant retint mon attention. Dans le même temps la psalmodie des moines réveilla en moi, en un trait virulent, bien des souvenirs d’il y a longtemps. C’était ici, au même endroit, alors que j’avais à peine plus d’années que ce jeune garçon.

Et je refis soudain les trajets du dimanche soir qui me ramenaient à l’internat ! C’était un moment particulier. Une certaine douce nostalgie marquait ce temps de solitude. Tout en moi était tendu vers le rêve de ma vie à venir, bercé par le bruit régulier du moteur du car… Les arrêts au fil de la route ne venaient même pas perturber cette curieuse mélancolie. Il y avait presque de la complaisance dans cet univers incertain où les questions provoquaient bien des réponses, éphémères ou prolixes, parfois contradictoires mais terriblement confuses !
Dans le balancement, les hésitations de ces soirées de méditation, me laissaient envisager une amitié qui pourrait devenir amour à travers des visages précis. Ou encore un métier, largement imaginé sur le piano de cuisson des gastronomes ou même un engagement dans la vie religieuse ou celle plus mystérieuse de prêtre et quelques autres scénarios encore !
Mais les longs week-ends à l’Abbaye... où nous étions fiers d’être si proches des moines et assez fous de ces nuits blanches passées à bien autre choses qu’une attente patiente des matines... ont rejailli en moi !
Les questions de ces week-ends étaient identiques à celles des dimanche soir dans le car qui me ramenait à l’internat. A la différence près qu’elles étaient plus pressantes, plus intenses, moins empreintes de  rêveries incertaines, oui, plus, bien plus, authentiques, obligeant à abandonner la fiction pour davantage forger une idée qui prenait corps !

Puis un jour sur le bord de ma décision, une sentence tomba, de la part de celui qui allait devenir un confrère : « Tu vas devenir religieux, alors sache que tu trouveras là, tes meilleurs amis et tes pires ennemis ! » L’enthousiasme d’une forte amitié ne me faisait pas de doute et les supposés ennemis me semblaient une figure de style tellement excessive !

Ce soir au fil de l’office à l’Abbaye j’éprouve la force du commencement et la vérité radicale et plénière de cette sentence... J’ai appris à mettre des noms sur les visages amis annoncés et aussi j’ai fait l’expérience de ces ennemis promis ! Au point de douter, d’être tenté de renoncer et ne plus vouloir ni adversité, ni adversaires, ni combats dont on ne ressort jamais indemne. Et alors demain ?

Demain consistera-t-il encore à inventer un pas de plus, sans arrière pensée, ou au contraire, cèderai-je et renoncerai-je à honorer plus longtemps un engagement initial ? Car lorsque «l’institution » ou certain de ses membres » finissent par étouffer, et ne plus nourrir un projet, effaçant l’amitié au profit exclusif de l’animosité ou de la détestation, il devient nécessaire de se détourner et retourner vers un autre chemin ...
L’office du soir se termine. Demain est presque déjà là.

Je franchis la porte de l’église, avec tant d’autres venus ici ce soir, et qui ont une autre histoire au fond d’eux ! Parmi eux deux visages d’amis, soudain, s’offrent en sourire de reconnaissance ! Incroyable que font-ils ici ? Quel signe ? Quel bonheur ! Et quel long chemin cela réveille aussitôt en moi ! Dans ces regards, celui de cette amie et celui de ce prêtre ami ... tous deux, devant moi, à point nommé ce soir, ici, sans rendez-vous, sont forcement le signe que le chemin n’est pas fini ! Tout de go !

Par : Thierry
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des prêtres!

L'Eglise est-elle en train de disparaitre ? Les prêtres se font rares ! La messe du dimanche nous  oblige  faire des  kilomètres vers un village  voisin... A quand des nouveaux prêtres ?

Le  riot a dit :

Certains  ne peuvent s'empêcher de raisonner en nombre d'églises, en nombre de prêtres et en quantité de messes!  Comme si, seule compte la messe ! Beaucoup n'ont qu'un désir, avoir un prêtre pour ... dire la messe, (à proximité de chez soi et sans dépasser les 55minutes ! Donc "il nous faut un prêtre coûte que coûte !"  Et puis " yaka " qu'à demander à l’Evêque, d'ailleurs « il aurait dû » anticiper. " yaka " aller manifester à l'évêché, ou pétitionner... Comme si un évêque était un chasseur de tête !

En fait il nous faut mesurer, au-delà de la "disparition des curés" que des peurs nous habitent:
peur du vieillissement des communautés paroissiales, incapacité et culpabilisation à transmettre aux générations plus jeunes, peur devant l'absence de "relayeurs" qui après nous, et  peur de l’influence des autres religions comme l’Islam, ou les sectes, qui viendraient mieux répondre aux besoins de sens, de spiritualité des personnes...
 
Alors il s'agit moins de dire : "à quand des nouveaux prêtres ?" que " à quand une nouvelle Eglise qui transcende nos peurs ? "
L'espérance de l'Eglise se soupçonne dans cette la vallée des ossements desséchés du livre d'Ezéchiel  (Ez. 37:7) "Je prophétisai, selon l’ordre que j’avais reçu. Et comme je prophétisais, il y eut un bruit, et voici, il se fit un mouvement, et les os s’approchèrent les uns des autres..."
 
Nous pouvons nous arrêter à une mauvaise image de l'Eglise...  comme 56% des français (contre 43%) qui ont une mauvaise image de l’Église, selon un sondage effectué après les récentes polémiques sur les affaires de pédophilie. L’Église apparaît à la fois «très/trop conservatrice» (83%), «trop éloignée du quotidien des Français» (64%) et «pas transparente» (81%) Les Français comme les catholiques pratiquants seraient très favorables à ce que l’Église s’engage dans des réformes importantes, y compris sur la pilule (88% de l’ensemble et 78% des pratiquants), le préservatif (84% et 80% des pratiquants) ou le mariage des prêtres (86% et 76% des pratiquants).e sondage a été réalisé les 17 et 18 mars par internet auprès d’un échantillon de 1.016 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas.
 
Nous pouvons aussi nous demander comment faire jaillir ce bruit de renouveau qui accompagne le mouvement des os qui s’approchent les uns des autres...
 
Pour cela ... n'ayons pas peur du bruit !  Et osons 
 
 "Et si chaque église locale, chaque évêque, chaque..., chacun... proposait ses ouvertures, "ses pas de côté" comme dit Joseph Moingt ! Tout ne peux pas venir du pape, c'est lui que le dit. Bref que chacun y mette du sien!

Et puis,  "à monde nouveau, outil et espaces nouveaux" pourvu qu'ils parlent pour le plus grand nombre, qu'ils dialoguent avec ce monde qui bouge, et qu'ils permettent de communiquer mieux, se rencontrer encore ou à nouveau, autrement.

Partir des réalités exige de repérer ce qui est discret et fragile: les germes ! Car  "Même fragile la vie est belle !" Il arrive à l'enfant, devant son jouet un peu abimé, de le détruire définitivement. Avec l'outil informatique nous sommes tentés, parfois, de faire "reset" pour tout éradiquer et remettre à zéro pour une pureté originelle. Illusion !
Ici et là nous avons à chercher des signes d'espérance, ces germes qui font sourire : le Pape François nous rappelle qu'un chrétien qui continuellement vit dans la tristesse n’est pas un chrétien. Et qu'une  communauté sans joie, est une communauté malade, car elle n’a pas la joie de Jésus-Christ.  
 «Quand l’Église est peureuse et quand l’Église ne reçoit pas la joie de l’Esprit Saint, l’Église se rend malade, les communautés se rendent malades, les fidèles se rendent malades. »
« Personne ne pourra vous enlever votre joie », dit Jésus ... en qui Dieu met sa Joie !
 
« … tout ce qu'il y a de germes de bien dans le cœur et la pensée des hommes ou dans leurs rites propres et leur culture, non seulement ne pas le laisser perdre, mais le guérir, l'élever, l'achever pour la gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l'homme » (LG, 17).
 
Alors L'Eglise est-elle en train de disparaitre ?
" La civilisation paroissiale a fait son temps, une culture nouvelle est entrain de naître.  Ce n'est pas l'Eglise qui meurt, mais une figure d'Eglise qui est en train de disparaître."

Par : Thierry M
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Pas simple

Je n'ai jamais droit à un merci ! Pourtant un simple merci de sa part serait pour moi une lumière, une reconnaisse, un peu d'harmonie et même une guérison !

Le  riot a dit :

Remercier du bout des lèvres ou rester sans voix !
"Ah je n'ai pas entendu le petit mot magique : qu'est ce qu'on dit ?" L'enfant n'échappe pas à cet apprentissage de la politesse ... Enfin j'espère !
A la chicane de la route, je passe, alors que l'autre s'est arrêté pour me laisser passer ! Je lui fais un signe de la main! En forme de merci ! Mon voisin me dit mais pourquoi tu dis merci, tu as la priorité ! Et alors ça ne fait jamais de mal de dire merci : signe presque imperceptible dans l'effet de filé et la grisaille du jour ! C'est gratuit !
Tout don appel un retour ! Un peu le "remboursement illégal" c'est-à-dire symbolique ...  Nous connaissons tous ce dialogue litigieux :
- Je t'aime !
- Moi, non plus !
Cherchez l'erreur de vue et de vie !
Dire merci ce n'est pas simple que cela !
Cela va de je ne sait pas faire, les mots me manque, j'ai été distrait... à je n'ai pas envie, il ne le mérite pas ... en passant par, mais je ne lui dois rein, je suis dans mon droit, ou je ne peux pas le voir, s'il croit que je vais lui dire merci. Et pourquoi dire merci à un incompétent !  
Mais le plus souvent la grande difficulté de prononcer ces 5 lettres sonnent un peu comme l’aveu d’une grande méfiance !
et Puis il est si facile de laisser échapper comme une soupape de sécurité d'autres mots de cinq lettres : minus, merde, bordel, ducon...

Dire merci c'est aussi se dénuder, quelque part, donc devenir vulnérable, c'est dire qu'on éprouve du plaisir !
Dire merci c'est montrer que l'on a expérimenté le plus court chemin de moi à toi! C'est juste un brin de gentillesse !

Alors Merci aux humanistes qui aiment l’homme et aux humanitaires qui en sont solidaires !
Merci aux infirmières, médecins, pompiers ... qui passent leur vie au service des blessés !
Merci aux 120.000 policiers, gendarmes et militaires mobilisés durant les fêtes de fin d'année!
Merci aux serviteurs de l'Etat qu'il est si commun de dénigrer ne leur reconnaissant que tares, vices, intérêts et turpitudes doublées d'incompétences !  Pourtant eux aussi doivent parfois avoir des nuits d'insomnies !
Allez va ! Un simple petit Merci, glissé, ici et là simplement mais sincèrement, c'est une étincelle de vie !

Par : Griot
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