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Ça y est, elles se sont refermées les Portes ....

Ça y est, elles se sont refermées les Portes du jubilé extraordinaire de la miséricorde ! Pourvu que ce ne soit pas une fermeture extraordinaire et qu’au moins une petite porte de côté, demeure toujours ouverte : celle du cœur qui permet l’échange incessant du flux descendant et montant de l’Amour !
Quand une porte se ferme cela oblige à faire le bilan du temps de l’ouverture, mais aussi oblige à se dire : " et maintenant ? " Et maintenant va-t-on passer mécaniquement à autre chose, comme la quinzaine du blanc... sera suivie par la quinzaine du gaz ou celle du commerce équitable ?

Durant dette année la Miséricorde, probablement le mot saisi par les courants d’air de la porte ouverte, est redevenu plus familier ! Mais, pour de vrai, a-t-on pour autant fait advenir en cette année de miséricorde le sacrement du frère, avant même d'être celui du pardon !
Le sacrement du frère passe par deux clés incarnées :

La première se nomme « Paroles » (avec un ‘P’ majuscule pour dire que cette parole est sainte et précieuse) Elle est tout à la fois Parole de Dieu, qui ne nous quitte jamais et paroles d’Homme qui est autrement plus difficile à faire circuler !
C’est pour cela aussi que le mets un S à la fin du mot, car la parole est singulière et plurielle. Mais singulièrement dans le monde et malheureusement en Eglise, nous ne faisons pas d’excès côté paroles échangées ! Il s’avère même que le déficit de paroles entraine, doute, blessure, rancœur et désespérance ! Il est vrai que le « pouvoir » enfermé dans le silence des palais, des hautes sphères, provoque l’isolation!

La seconde clé est la capacité à mettre en œuvre la reconnaissance !
« Si un bien de la Miséricorde pouvait y être cette reconnaissance : en toutes choses il nous faut être reconnaissants.
Lorsque j'arrête de rendre grâce, ou plus simplement quand je ne sais plus dire merci, (et il n’y a pas nécessairement besoin de médailles!), lorsque je cesse de m’émerveiller des dons de l’autre, alors je tombe dans le négatif, dans la morosité, je perds mon intimité avec lui, je perds ma paix, ma joie, et l’Esprit-Saint n'agit plus en moi.
Il se pourrait que le peuple de Dieu meurt spirituellement, émotionnellement et physiquement, si la gratitude, la reconnaissance, l’émerveillement aient cessé d’habiter les cœurs, et qu’ils ne soient plus portés par des lèvres !
Alors, d’abord, loin de nous cette idée que tout merci flatte et enorgueilli l’homme: non, juste, il le fait exister et durer !
Loin de nous cette crainte de trop de pudeur qui annihile la relation vraie.
Loin de nous les éléments de langage : « Si tu fais ceci, c’est normal tu ne fais que vivre ton Baptême !»

Par : Thierry
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Une crise du lien.

Publié le 2 septembre 2016 par http://www.garriguesetsentiers.org/
Dans un article publié par le journal Le Monde, le philosophe Abdennour Bidar, membre de l’Observatoire national de laïcité et du comité de rédaction de la revue Esprit, constate que le point commun de toutes les crises contemporaines est une crise du lien. Les liens avec notre intériorité, avec la nature, avec les savoirs, avec la citoyenneté politique sont aujourd’hui en cause : « À la place de ces liens brisés prolifèrent hélas tant d’autres liens, maudits, qui étranglent : je pense aux chaînes mondiales de l’exploitation économique et à tous les autoritarismes politiques ou dominations religieuses. Prenons enfin conscience de cette crise généralisée du lien. Sinon ? On continuera à n’avoir aucune prise suffisante sur ce qui nous arrive ». Abdennour Bidar nous invite à rejoindre les « tisserands » d’un nouveau paradigme sociétal, « les premiers à avoir trouvé une foi inédite – une foi post-religieuse et post-politique en une société humaine où l’idéal personnel de vie spirituelle et l’idéal collectif de progrès social se rencontrent »1.
Cette problématique du lien est au cœur du projet des religions comme des programmes politiques. Il s’agit bien chaque fois du lien des hommes entre eux et de celui de chaque homme avec la transcendance. Or, religions et politiques sont aussi en crise. Trop souvent, le lien avec la transcendance a été vécu comme un repli par rapport à un monde jugé mauvais, tandis que beaucoup de gestionnaires de l’économie et de la politique invitaient à ne pas se perdre dans ce qu’ils appelaient des arrière-monde pour affronter l’horizontalité de notre destin commun.
Plus que jamais, l’articulation de la vie des démocraties et des cheminements spirituels conditionne la sortie des impasses que connaissent nos sociétés. Dans son dernier ouvrage2, l’écrivain et théologienne protestante Marion Muller-Collard aborde de front cette question. Suite à sa rencontre avec Jo Spiegel, homme politique très engagé dans la citoyenneté locale, elle écrit ceci : « Ce qui m’a fascinée dans nos échanges avec Jo, ce sont les analogies entre les maladies de la foi et les maladies de la vie politique. J’entends, dans ma lecture de la Bible, un Dieu qui partage avec nous le pouvoir, qui nous en croit dignes, qui nous désire responsables et je nous vois préférer construire une Église qui invente des dogmes, des hiérarchies, des spécialistes (...). Il n’y a pas plus de spécialistes de Dieu que de spécialistes de la fragilité des affaires humaines. Ce sont de grandes affaires qui ne s’abordent qu’à plusieurs. Tous les plusieurs. Jo dit que la démocratie n’est pas, elle naît. Elle est toujours à mettre au monde. J’ajoute que l’Évangile aussi, et c’est en cela que le christianisme ne peut pas être une religion. La démocratie et l’Évangile ne peuvent vivre qu’en milieu ouvert. C’est ce qui fait, à l’un comme à l’autre, leur fragilité. Mais c’est ce qui conditionne leur puissance et leur pertinence. En démocratie comme en Évangile, il faut être toujours prêt à se laisser déranger et à se mettre à l’écoute d’autre chose que soi ». Et elle ajoute : « Un véritable homo politicus est celui qui fait émerger, en chaque citoyen, un autre homo politicus. Nos dirigeants politiques font de la politique, et moi j’aimerais plutôt qu’ils fassent de moi une femme politique »3.
Bernard Ginisty
1 – Abdennour Bidar : Ils tissent déjà l’avenir, journal Le Monde du 20 août 2016, p. 8. Sur ce sujet, l’auteur vient de publier : Les tisserands. Réparer ensemble le tissu déchiré du monde, éditions Les Liens qui Libèrent (LLL), 2016. Abdennour Bidar est docteur en philosophie et auteur de nombreux ouvrages dont entres autres Self islam : Histoire d’un islam personnel, éditions du Seuil 2006, L’Islam sans soumission : pour un existentialisme musulman, éditions Albin Michel 2012, Comment sortir de la religion, éditions La Découverte 2012, Lettre ouverte au monde musulman, éditions LLL 2015.
2 – Marion Muller-Colard : Le Complexe d’Elie. Politique et spiritualité, éditions Labor et Fides, petite bibliothèque de spiritualité, 2016
3 – Marion Muller-Colard : Mettre de la transcendance dans le politique, entretien paru dans l’hebdomadaire Réforme du 28 avril 2016

Par : Thierry
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Mort ou transfiguration du catholicisme ?

Le Renoueur... pays de mission ?
Mort ou transfiguration du catholicisme ?
En fait la langue nous a fourché, nous voulions écrire, « France, pays de … » Encore que : 5 % de pratiquants, cela vaut pour presque tout le pays, avec de toutes petites variantes ici ou là. Donc pour Le Renoueur, il est vrai que si l’on interroge les français et qu’on leur demande quelle est leur religion, presque 50 % répondent « catholiques ». La réponse mêle « culte » et « culture ».
Alors qu’à la fin de 1945, Georges BIDAULT, successeur de Jean MOULIN et fondateur du MRP qui prédisait 100 députés « démocrates chrétiens » fut dépassé par les résultats : 152 élus dits chrétiens ! Et le même Georges BIDAULT alors, de remercier publiquement, les femmes, les évêques et le Saint ESPRIT. Les femmes qui votaient pour la première fois et qui étaient supposées plus croyantes que leurs maris, des évêques qui voulaient se faire pardonner leur allégeance à PETAIN et le St Esprit parce qu’une majorité de français y croyaient encore. 75 ans plus tard on dit que la France est devenue le pays le plus déchristianisé du Monde. Au moment où une femme prend la tête de la manif contre le dit « mariage pour tous »…
Aujourd’hui, les partis démocrates chrétiens ont presque tous disparu du paysage, en France comme dans toute l’Europe. Il faut leur reconnaitre cependant un bilan très positif durant leur période active : sécurité sociale, Etat providence, lois antitotalitaires, projet européen aussi, etc…  
Après le concile Vatican II on perlera des « cathos de gauche ». Mais on les cherche un peu en 2016. Disparus ou transfigurés ?
En fait, pour ces cathos d’aujourd’hui, minoritaires, ( mais comme aime à le répéter notre évêque émérite, Marcel PERRIER, il ne s’agit plus de faire nombre mais de faire signe !), pour ces cathos donc, il s’agit de peser sur certaines orientations ou sujets du débat public, lois bioéthiques par exemple, combat pour l’égalité contre la misère…C’est une inscription plus visible dans le paysage des idées et de la résistance au sens de Stéphane HESSEL ou Edgard MORIN. «  Tu te rends compte, nous dit un copain athée, j’ai rencontré mon curé à la manif pour les retraites ! » D’ailleurs les cathos sont engagés dans les débats sur la laïcité ou l’immigration,  bien qu’en ordre dispersé ! Divisés même.
Finalement, les sondages continuent de nous dire qu’une majorité de cathos votent encore plutôt à droite et réclament plus de spiritualité à leur paroisse. On retrouve semble t-il ce courant dans les participants des JMJ.
Mais il y a ceux qui avec Claude DAGENS, cherchent à proposer la foi de façon nouvelle dans la société actuelle. Des cathos qui considèrent la perte d’influence politique et la sécularisation comme une chance. Des cathos qui ont compris que l’époque de la chrétienté est terminée depuis un bout de temps et qui ne le regrettent pas. Des cathos qui pensent que notre laïcité à la française est une valeur, même s’il y a ici ou là quelques crispations, de part et d’autre d‘ailleurs. Des cathos qui ont abandonné le point de vue de la vérité « surplombante » et admettent que, s’ils ont une part de vérité essentielle sur la réalité humaine, ils ne possèdent pas LA Vérité entière sur tout et acceptent le débat et la dialogue, ouvert et égal, avec d’autres points de vue de vérité que le leur…
Peut être y a-t-il une part de convergence entre ce mouvement minoritaire mais actif et   les exhortations prophétiques du pape François…Exhortations qui donneront souffle d’espérance à ces cathos minoritaires pour continuer à proposer une parole originale sur les questions éthiques et un rappel du choix nécessaire de solidarité avec les plus démunis de la société.    
Faire signe de et rappeler sans relâche à la fraternité, à l’espérance et au partage en abandonnant une fois pour toutes la course à un pouvoir qui n’est pas de leur ressort, de toute façon.
Ou comme le rappelait un de évêques, Laurent Ulrich « des cathos, pas seulement soucieux de leur messe du dimanche mais présents là où se jouent et se construisent les choix de la fraternité de leur Monde. » Michel Bufflier ( avec les documents du Journal « Le Monde vacances, du 2 août  2016 )

Par : Thierry
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