APPEL DU GRIOT 


Pas liturgique ?

J’ai participé dans ma paroisse et à une célébration préparée  par une  équipe liturgique. Il  y avait derrière moi  des gens qui étaient tout absorbés à gémir à divers moments de la célébration que tel geste, telle parole, tel chant, n’était décidément  pas liturgique ! Dites-moi, qu’est ce qui est liturgique et qu’est ce qui ne l’est pas ?

Le  riot a dit :

A l’ère où les spécialistes autoproclamés et les pseudo-experts dissimulés derrière le net, s’arrogent  la définition du bon droit et de la vérité, la confusion dans les esprits, l’empêchement d'analyse objective des faits ont des effets dévastateurs qui  font  désespérer !  Rien de plus facile que de  pousser de grands cris d’orfraie  en se confortant dans le sans risque de la reproduction mortifère et idiote d’un passé dépassé qui a perdu son sens !

 J’ai entendu ce prêtre outrer que  l’on chante "Je crois en Dieu qui chante" considérant cela comme une « agréable chansonnette » mais n’étant en rein une expression de foi !

« Pouvons-nous dire que Dieu chante et fait chanter la vie quand on voit tant de chrétiens de par le monde qui souffrent en raison de leur foi ? » Pourtant  le chant dit « Je crois » Credo ! Mais il  semble impossible à envisager un Dieu qui chante ; devons nous donc célébrer qu’un Dieu impassible ?   Il semble  impossible aussi  de crier  il est ressuscité.

 Tous tournés dans le même sens en formation autobus ? J’amie  à chanter  un  Dieu qui chante et qui permet de ré enchanter le monde, avec lui, malgré toutes les souffrances ! C’est quoi  le grand livre de pape François ? La joie de l’Evangile !   

 Je me souviens aussi, c’est du même acabit, de cet autre prêtre qui durant  un bon moment ( = long ! ...mais pas bienfaisant)  de retraite s’est évertué  à  dire que le Christ a pleuré -c’est écrit dans l’évangile- mais qu’il n’a pas ri, ni souri... car l’évangile ne dit jamais qui a ri. Ce qui  est juste, littéralement ! Cependant la bible ne dit pas  non plus que Jésus  n’a pas ri !

C'était l'occasion pour ce prédicateur sinistre, de vitupérer sur ceux qui recommandent  aux chrétiens
d'avoir des  gueules de ressuscité !

Comment  imaginer Jésus  avec une tête d'enterrement au Jour de Cana ? Ou encore déprimé au retour de ses disciples envoyés en mission deux par deux ?  

La joie durable est installée, sereine, silencieuse, profonde,  paisible... elle ne se voit donc  pas !

Elle ne fait pas de bruit ! Elle est  pourtant   bel et  bien  là !

 Toutes ces réactions sont parfois nées d’une  bonne intention !
Pourtant  la joie de la victoire de Pâques, Alléluia doit être lancer et doit  être entendu ... « jusqu'aux extrémités de la terre. » Une parole de  joie ! Non ce n'est pas assez, un cri de joie qui porte la  libération mais crier... dans une  église.... ce n'est pas liturgique ? Pourtant  il nous faut  à tout prix lancer le chant qui annonce la joie ardente de Pâques !     

 L’expression « ce n’est pas liturgique » colle parfaitement aux adeptes de la religion, pure et sacrée,  oubliant  la spiritualité de  l’être, de tout  être. « Ce n’est pas liturgique » convient aussi, aux tenants de l’intelligence et de la raison contre le cœur qui aime et qui  cherche !

 La foi ne peut plus être la religion et l’inquiétude, l’Église et la liturgie doivent porter la foi et ses expressions rivées sur Dieu sans  refuser de s’adapter aux réalités de ce monde et du temps présent !  

Le Cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la discipline des Sacrements appelle à une conversion intérieure pour remettre Dieu au centre de la liturgie : « Se convertir, c’est se tourner vers Dieu. Je suis profondément convaincu que nos corps doivent participer à cette conversion. Le meilleur moyen est certainement de célébrer - prêtres et fidèles - tournés ensemble dans la même direction : vers le Seigneur qui vient. »

« Se convertir, c’est se tourner vers Dieu ! » Tout à fait d’accord. Mais Dieu serait-il juste dans l’axe  de l’abside qui marque l’Orient où trône la croix du Seigneur ressuscité ?   

Le Christ, le fils de Dieu, donné parmi les  hommes, ne serait-il pas au milieu de nous quand quelques uns (très peu, même,  2 ou 3...) sont  réunis en son nom.  Les disciples n’étaient-ils pas assis en cercle autour de Jésus pour entendre  (oui l’évangile dit bien « assis » !) la Bonne Nouvelle ?

La liturgie ne s’accommode pas des automatismes, des reproductions, d’une pédagogie de la conservation et du recyclage. Le mot liturgique veut dire  bien des choses .

C’est le caractère statutaire pour l'édition des livres ! (liturgique cela veut dire ici « permis par les livres. »

C’est aussi le caractère idéal de ce que l’on souhaite atteindre ! Mais bien sûr cet « idéal a sa charge d’affect, de piété personnelle, d'idéologie, de sociabilité... » donc  tout cela n'est pas pareil pour tous !

C’est encore la prise en compte d’une connotation artistique, sacrale.

et enfin pour en revenir aux fondamentaux du mot « liturgie » qui vient  du  grec ‘laos’ (Lit) et ‘urgia’ (action) : la liturgie c’est l’action du peuple, du peuple des chercheurs de Dieu et non  pas le domaine réservé de quelques-uns du peuple de Dieu, prêtres, liturgistes et rubricistes.

 Alors soyons  décomplexés devant les rigidité ambiante.
Devant ceux qui refusent 2 parrains ou 2 marraines pour un baptême ; ceux qui  qui ne donnent pas accès à un jeune de 15 ans pour être parrain du baptême d’un proche !  

Ceux qui refusent d’accueillir un enfant fils ou fille d’homosexuels. Pourquoi certains refusent-ils une liturgie de bénédiction à un couple qui s’aime, dont l’un est divorcé, alors que l’on bénit les motos, les bateaux, les chiens, des médailles et même les canons ?

 Pourquoi refuser  un chant profane  à un mariage à des funérailles pour  l’unique chant sacré ?

Ne serait-ce donc pas liturgique ? Pourtant tout homme est une histoire sacrée, et avec lui sa  musique, son art, sa parole, son geste, pour tant est qu’il cherche Dieu avec droiture !   

 Par qui sommes-nous habités ? Ne serait-ce donc pas l’Esprit de Dieu ! Lui seul nous  donne accès à la parole échangée entre le Père et le Fils et la liturgie est dialogue permanent. Parole de vie d’aujourd’hui, qui s’actualise sans cesse dans notre histoire et nos histoires fussent-elles parfois brouillonnes !  

La fidélité à la Parole, l’Amour ne peuvent être figés dans un temps et fixés dans le Livre sacré.  La parole circule, elle est en chemin elle devient le Chemin en ce monde où  nous vivons !     


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